Réforme constitutionnelle : Quand la foudre jupitérienne s’abat sur le texte sacré de la République

Nul doute … l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron n’a rien à envier aux « vieilles habitudes ». A peine un an après l’élection présidentielle, le gouvernement et la majorité s’attellent à la tâche d’ajouter leur touche personnelle à notre Constitution, notre norme juridique suprême. D’ailleurs, quel chef d’État n’a jamais voulu la réformer ?

Le syndrome « pharaon Républicain » ,si j’ose dire « normal », après chaque élection… chaque Président veut graver son nom dans le marbre de notre norme fondamentale…

François Hollande s’y était essayé mais n’a pas réussi… Emmanuel Macron se lance avec comme axe majeur « une réponse à la crise démocratique de notre pays » ! Certes, le monde évolue et la société française aussi…. Mais encore faut-il qu’une révision soit efficace et bien réalisée, car comme le disait Jean-Etienne-Marie Portalis – rédacteur du code civil de 1804 – : « Il ne faut point de lois inutiles ; elles affaibliraient les lois nécessaires ».

Pour comprendre l’importance de notre constitution, il faut en revenir aux origines et notamment en 1958 à la volonté du Général de Gaulle. Et c’est notamment grâce à un système équilibré de nos institutions que notre régime a pu rester stable lorsque la France a eu à traverser des crises économiques, sociales et politiques. Sa cohérence et sa solidité ont su faire de notre régime l’un des plus puissants dans le monde.

Ceci étant dit… le travail a commencé au parlement dès cette semaine en commission des lois… En prime : près de 1 400 amendements déposés par les députés de La République en Marche ! Et on peut dire qu’un certain nombre sont quand même farfelus !! – Un nouvel hymne national à côté de la Marseillaise ; la transformation du quinquennat en octennat ; la réécriture du texte en écriture inclusive..… – un vrai fourre-tout sans réelle cohérence ! Ironie du sort, le projet de modification de la constitution contient un article 3 qui vise à la capacité de dépôt d’amendements... sans commentaires !

Malheureusement, chacun y va de son opinion, veut y ajouter « sa patte », triture le texte, pensant probablement rentrer dans l’Histoire pour sa contribution à réformer le texte fondateur de la Vème République. Mais a-t-on seulement pensé au réel impact de tout cela ? Si la suppression du mot « race » et son remplacement par le terme « sexe » est compréhensible, est-ce pour autant que le racisme disparaitra instantanément ?

Une énième réécriture, donc, qui au fond sonne davantage comme un combat purement idéologique et politique qu’une avancée majeure pour répondre aux enjeux de notre temps. La constitution risque de progressivement se transformer en un réceptacle de principes généraux et bavards, récipient de toutes les pétitions des différentes couleurs politiques qui composent la vie publique française. La dominance politique actuelle s’en rend-elle au moins compte ? Pour reprendre les mots de mon collègue Éric Diard : « Il ne faut pas confondre sens de l’Histoire et air du temps ».

A l’heure où j’écris,le texte n’a pas fini son examen en commission des lois… affaire donc à suivre d’ici les prochains jours… Je ne manquerai pas de revenir à ce sujet...

Le député
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