Ordonnances Travail : mon analyse

L’examen des 5 ordonnances visant à réformer le droit du travail en France vient de se terminer à l’Assemblée nationale. Désormais, c’est au tour du Sénat d’examiner les textes.

Je suis engagé depuis 1991 en politique, 26 ans maire, 12 ans conseiller général, député depuis 15 ans. Avant cela, en 1980, j’ai créé, à 27 ans, en Anjou, une entreprise horticole spécialisée dans la production de plants potagers et plantes aromatiques. J’ai vendu sur les marchés locaux les trois premières années.

Référence pour toutes les enseignes de jardinerie, l’entreprise réalise 50% de son chiffre d’affaires en sept semaines du 1er avril au 15 mai.

68 permanents, 140 équivalents temps plein dont 35 CDI au groupement d’employeurs FORVAL que j’ai créé et que je préside encore, l’entreprise peut accueillir jusqu’à 250 saisonniers au printemps. J’ai pérennisé l’entreprise en la cédant fin 2010 à une coopérative.

Je connais donc très bien le monde de l’entreprise, ses joies naturellement de voir grandir son entreprise mais aussi les difficultés du chef d’entreprise : les contraintes administratives, réglementaires ou encore légales.

C’est la raison pour laquelle, fort de ces connaissances du monde professionnel, je me suis engagé en politique. En concevant le rôle du législateur comme un accompagnateur de talents, et non en empêcheur d’entreprendre. Mais force est de constater que depuis le début de mon engagement, mon discours n’a pas toujours été entendu.

Lors de la discussion générale le mardi 21 novembre 2017, j’ai redit que j’avais été « emballé » par le discours volontariste et qui semblait enfin vouloir donner de l’air à nos entrepreneurs du candidat Macron devenu Président de la République.
Je partageais non seulement le diagnostic mais aussi les propositions, j’étais donc disposé à soutenir toutes les pistes de réforme pour défendre les intérêts économiques de la France, et assurer une stabilité juridique et fiscale à nos entreprises.

Ayant moi-même lancé un certain nombre de propositions identiques dès 2011 dans un livret intitulé « C’est le travail qui crée l’emploi », je partais donc avec un très bon a priori.

Cependant au fur et à mesure du temps qui s’est écoulé depuis le mois de juillet, j’ai déchanté mais surtout ai été déçu par le manque d’ambition de ce qui nous a été présenté et que nous avons voté solennellement ce mardi 28 novembre 2017.

Pour bien comprendre ce qui était exposé dans ces 5 textes présentés à la fin de l’été, j’ai travaillé en profondeur les ordonnances en allant au-delà du dossier de presse transmis par Matignon, le seul texte relayé par tous les canaux médiatiques.

J’ai relevé, dans le texte des ordonnances, des points positifs, surtout pour les entreprises de plus de 300 salariés ou les entreprises du CAC 40 mais en revanche très peu d’audace pour les TPE/PME françaises. Un comble lorsque l’on sait que les TPE/PME sont 99% du tissu économique national !

Sous forme d’un tableau pédagogique et parce que j’ai constaté que la plupart des médias n’a pas fait un travail de fond et de décryptage, j’ai tenu à reprendre les mesures les plus notables des ordonnances « travail » en y apportant mes commentaires ainsi qu’une appréciation afin d’attirer l’attention sur les conséquences des mesures qui, selon moi, ne permettront pas de résorber le chômage qui gangrène notre pays.

Le débat parlementaire n’est pas encore clos donc certains points peuvent être modifiés mais une chose est certaine les modifications que j’ai portées en séance publique entre ce mardi 21 novembre et ce jeudi 23 novembre ont toutes été rejetées par le gouvernement.

Pour terminer, je dirais que je continuerai à veiller à la libération du marché du travail. La tâche est encore grande de laisser respirer les entrepreneurs et arriver au plein emploi. Mais ma vigilance reste entière et avec l’esprit d’un chef d’entreprise aujourd’hui député depuis 15 ans.

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Le député
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