CETA : audition de Mme Katheline Schubert, experte indépendante, sur l’impact de l’accord France/Canada

Mon intervention du 3 octobre 2017

"Nous avons réussi à éviter le TAFTA mais cela semble mal engagé pour le CETA.
J’ai bien entendu votre commentaire très optimiste, M. le président, mais j’ai également bien entendu que le rapport est plus agréable et plus facile à lire que le texte du traité y compris dans son interprétation comme d’ailleurs beaucoup d’exposés des motifs de textes que nous votons ici même.
A-t-on jamais été un jour gagnant dans la simplification d’échanges avec l’Amérique du Nord ? Que je cite non par confusion mais parce que l’on pourrait peut-être croire à tort que les Canadiens seraient commercialement plus accessibles que les Américains.
Je pense que cet accord sera à terme préjudiciable à tout ce qui va toucher au monde agricole. Pour être bref, j’étaierai mes propos avec une branche de notre économie agricole : l’exploitation de la forêt. A savoir le bois brut, aujourd’hui, qui sort de chez nous sans aucune valeur ajoutée au niveau travail. Et il se passera la même chose avec toute les filières de nos agricultures, notamment la filière bovine qui risque d’en pâtir.
Le CETA va nous mettre face à des filières rigoureusement bien organisées et très pilotées.
Au Canada par exemple (comme aux USA) la préférence nationale est imposée par une taxe ou des taxes sur les exportations de bois pour résister au pillage de leurs forêts.
Les accords du CETA permettront de faciliter les exportations de bois vers la France et l’Europe après que la France aura fini d’être pillée actuellement par la Chine qui a massacré sa réserve de forêt de chênes par une exploitation abusive et inorganisée. La Chine a multiplié par 12 ses importations de chênes français tout en interdisant l’exploitation par les chinois de ses forêts de chênes pendant 99 ans.
Mes chers collègues, c’est un traité qui risque de profiter à la finance internationale mais pas à nos producteurs locaux.
Quand on gagne des marchés, ils annulent et changent les normes. Rappelez-vous les avions ravitailleurs aux États-Unis gagné par Airbus et finalement pris par Boeing. La réciprocité des normes tant souhaitée par les agriculteurs… pour l’instant c’est un rêve qui risque de se transformer demain en cauchemar."

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4936472_59d3ab4c93005.commission-des-affaires-etrangeres-et-commission-des-affaires-economiques—mme-katheline-schubert—3-octobre-2017

Le député
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